C'est parce que nous autres, Orientaux, nous cherchons à nous accommoder des limites qui nous sont imposées que nous nous sommes de tout temps contentés de notre condition présente ; nous n'éprouvons par conséquent nulle répulsion à l'égard de ce qui est obscur, nous nous y résignons comme à l'inévitable : si la lumière est pauvre, eh bien, qu'elle le soit ! Mieux, nous nous enfonçons avec délice dans les ténèbres et nous leur découvrons une beauté qui leur est propre. Les Occidentaux par contre, toujours à l'affût du progrès, s'agitent sans cesse à la poursuite d'un état meilleur que le présent. Toujours à la recherche d'une clarté plus vive, ils se sont évertués [...] à traquer le moindre recoin, l'ultime refuge de l'ombre. — Éloge de l'ombre — Junichirô Tanizaki, p. 65-66
L'acceptation n'est pas la résignation, c'est la condition de la découverte. De même dans ma pratique :
Toutes les lumières sont bonnes à prendre. Dans notre pratique, nous ne visons pas la perfection technique, mais cherchons plutôt à créer des images qui racontent des histoires, qui provoquent des sentiments, qui montrent des choses intéressantes. Cette expressivité n'a pas besoin d'une lumière parfaite. — Principes de la photographie de tous les jours, chap. 13
D'un point de vue philosophique et psychologique, l'acceptation radicale1Lire à ce sujet : L'acceptation radicale, de Tara Brach, et notamment celle de notre ombre — au sens de Jung, cette fois —, nous permet de la sublimer.
Accepter, ce n'est pas approuver ce qui arrive et renoncer à agir, c'est plutôt embrasser la réalité pour mieux s'apaiser et pouvoir la transformer. Et, au bout, nous accepter nous-mêmes.
Notes
- Lire à ce sujet : L'acceptation radicale, de Tara Brach ↩