Prendre des notes sur ses clients : quoi noter, et où
Vous raccrochez après quarante minutes avec un client. Vous avez tout en tête : ce qu'il veut, ce qui l'inquiète, ce que vous lui avez promis pour jeudi. Trois semaines plus tard, il vous rappelle — et vous cherchez. Un mail ici, une ligne dans un carnet, un document nommé « Notes appel ». Rien ne dit ce qui avait été convenu.
Vous aviez pourtant pris des notes. Le problème n'est presque jamais l'absence de notes.
On note ce qui s'est dit. Ce qui sert ensuite, c'est ce qui a été décidé, promis et préféré.
Ce qu'on note d'habitude, et pourquoi ça ne sert pas
Le compte rendu fidèle
Deux pages qui suivent l'appel dans l'ordre : le contexte, les digressions, les hésitations. C'est exact, et illisible un mois plus tard. Personne ne relit deux pages avant de décrocher le téléphone.
Les mots-clés
« Budget », « refonte », « voir avec Claire ». Limpide le soir même, opaque la semaine suivante : quel budget, vu quoi avec Claire, et qu'a-t-elle répondu ?
Tout ce qu'on peut retrouver ailleurs
L'adresse, le numéro de TVA, l'intitulé du poste. Ces informations existent déjà dans la signature d'un mail ou sur une facture. Les recopier donne l'impression d'avoir une fiche bien tenue, sans rien ajouter à ce que vous savez du client.
Les cinq lignes qui servent
Une note de client utile répond à cinq questions. Elle tient le plus souvent en cinq lignes.
- Ce qui a été décidé. « On part sur la version courte, livraison le 14. » Pas le débat qui y a mené : la conclusion.
- Ce que vous avez promis, et ce qu'il a promis. « Je lui envoie le devis révisé jeudi. Il me transmet les accès. » C'est la ligne qu'on oublie le plus, et celle qui coûte le plus cher.
- Les chiffres et les noms. Le montant évoqué, la date butoir, le prénom de la personne qui validera. Ce sont les détails que la mémoire déforme en premier.
- Ses préférences. Il préfère un appel à un long mail. Il déteste être relancé le lundi. Il décide vite quand on lui présente deux options, pas cinq.
- Le « sauf si ». « D'accord, sauf si le conseil d'administration refuse en novembre. » La réserve glissée en fin de phrase est celle qui explique, deux mois plus tard, pourquoi le projet s'est arrêté.
Tout le reste peut disparaître sans dommage.
Ce qu'il vaut mieux ne pas écrire
Une fiche client se relit parfois devant le client, se partage avec un associé, et peut vous être demandée. La règle simple : n'écrivez rien que vous ne pourriez pas lui lire à voix haute.
Les jugements (« pénible », « ne comprend rien ») n'aident pas à mieux travailler avec quelqu'un. Le fait derrière le jugement, si : « a demandé trois séries de corrections sur le dernier livrable » vous dit quoi prévoir dans le prochain devis.
Laissez aussi de côté ce qui touche à sa santé, à sa famille ou à ses opinions quand cela n'a aucun rapport avec votre travail. Ce n'est pas votre métier de le conserver.
Où ranger la note
Une bonne note au mauvais endroit est une note perdue. Trois classements reviennent toujours, et deux échouent.
Par date, dans un carnet ou un document qui s'allonge : pour retrouver le client, il faut se souvenir du jour de l'appel.
Par document, un fichier par rendez-vous : au dixième échange, il y a dix fichiers à ouvrir pour reconstituer l'histoire.
Par personne, tous les échanges à la suite, le plus récent en haut : c'est le seul classement qui correspond à la question qu'on se pose réellement — « où en est-on avec lui ? ».
La note sur un client se range là où vous regarderez juste avant de lui reparler : sur sa fiche, pas dans un dossier.
Si votre client est une entreprise où vous avez plusieurs interlocuteurs, la même logique vaut un cran plus haut — nous l'avons détaillée dans Organiser ses contacts professionnels.
Le bon moment : les trois minutes qui suivent
Les cinq lignes s'écrivent en trois minutes à la sortie du rendez-vous. Le lendemain, il en faut vingt, et la moitié des chiffres sont devenus approximatifs. Le rituel complet, côté préparation, est dans Préparer un rendez-vous client ; retenez seulement que le travail se fait à la sortie d'un échange, pas à l'entrée du suivant.
Où Keepsake intervient
Dans Keepsake, chaque contact a une fiche avec sa chronologie : chaque échange y est daté et typé (appel, rendez-vous, mail), le plus récent en haut. Une note ou une tâche écrite ailleurs rejoint la fiche dès que vous y mentionnez la personne avec @. Avant un appel, vous ouvrez une page et vous avez les décisions, les promesses et le dernier « sauf si ». Le détail est dans le guide des profils de contacts.
En résumé
Prendre des notes sur ses clients ne demande pas d'écrire plus. Cinq lignes après chaque échange — décidé, promis, chiffres et noms, préférences, « sauf si » — rangées sur la fiche de la personne, suffisent à ne plus jamais commencer un appel par « rappelez-moi où nous en étions ».
Essayez sur votre prochain rendez-vous : trois minutes, cinq lignes, tout de suite après.
Keepsake réunit vos tâches, vos notes et vos contacts au même endroit, pour que chaque chose ait sa place. Essayez gratuitement pendant 30 jours.